Je n'ai pas la conviction que l'on puisse changer. Je distingue le changement de l'adaptation. On s'adapte aux courants, aux situations, aux années qui nous prennent, mais on ne change pas. On apprend des erreurs, on avance en prêtant attention à ne pas reproduire une quelconque marque d'échec ou de faiblesse. S'adapter, c'est prendre en compte un spectre de vécu, l'accompagner en nous, le prédestiner en toute confiance à tuer le bon qui vit en nous; lui laisser la place nécessaire de camper jusqu'à mettre à mal les probabilités de douleur. Changer, ça serai tuer le pire mais c'est dans le pire qu'on trouve les meilleures dispositions à dominer autrui. On change pour leurrer celui qui nous est inconnu, on le décime de tous désagréments pour mieux le faire nôtre. Abdiquer l'idée d'un dominant. Dominer c'est osciller l'échec. Et qui vraiment aspire à perdre ?